Retour vers les Amériques...

La fine équipe prépare son grand retour vers le continent américain après 1 an de désertion. Let me tell you, it really feels good :) 

Cette fois, pas d'impératif universitaire, juste le plaisir de découvrir la Floride, ses autochtones, sa flore et bien sûr sa faune. A ce sujet, le site AmphibiaWeb (Information on amphibian biology and conservation. Berkeley, California) recense la présence de 58 espèces d'amphibiens dans l'Etat de Floride
Les espèces jugées les plus vulnérables ou en danger sont majoritairement les salamandres. Deux espèces d'anoures rentrent cependant dans cette catégorie. Permettez-moi de vous les présenter en guise de préambule à ce voyage. Commençons aujourd'hui par Rana capito.
Rana capito. © U.S. Geological Survey.
Cette grenouille occupe un territoire compris entre la Caroline du Nord et la Floride, mais sa présence est signalée également en dehors de cette aire.
Aire de distribution de Rana capito. © www.discoverlife.org
La femelle mesure environ 7.5 cm; quant au mâle, il atteint la maturité sexuelle à 1 an 1/2. Leur espérance de vie est d'au moins 6 ans.

Entre janvier et avril, cette grenouille se déplace au sein de sa zone de peuplement, quittant son habitat terrestre pour occuper les points d'eau propices à sa reproduction (temporaires ou semi-permanents, peu profonds, avec présence de végétation sous l'eau et en surface servant de nourriture et de cachette aux larves). Cette migration peut intervenir à d'autres périodes de l'année, en particulier lors des pluies abondantes accompagnant les ouragans.  

Rana capito utilise toute sorte de refuges naturels : l'intérieur de branches de saules préalablement immergées lors d'inondations, les trous de tortues ou du rongeur Geomys pinetis, etc. Il semble que l'animal, en particulier les femelles, reste fidèle à son lieu d'habitat.

A l'ouest de la Floride, cette grenouille compte parmi ses prédateurs le serpent d'eau Nerodia fasciata fasciata ainsi que la tortue Apalone ferox

Nerodia fasciata fasciata. © Brady Beck.
Apalone ferox. © www.wildherps.com
Comme de nombreuses espèces d'anoures, Rana capito gonfle son corps lorsqu'elle est saisie par un prédateur. Des adultes ont également été observés se recroquevillant et se cachant les yeux de leurs pattes antérieures (comportement découlant peut-être d'une attitude de protection héritée de la cohabitation avec les tortues). 

La réduction de sa zone d'habitat (composée majoritairement de pinèdes de Pinus palustris) et de reproduction place Rana capito dans la catégorie des espèces menacées, particulièrement en Floride.
Pinus palustris. © www.duke.edu
Le développement anthropique (commercial, résidentiel, agricole, sylvicole) a conduit à une augmentation de l'acidité des eaux, à l'introduction dans les zones de reproduction d'une espèce de poisson menaçant les oeufs de ponte, et à la baisse des zones d'habitat et de refuge en raison du déclin des populations de tortues et de l'arrachage des souches d'arbres.

A suivre : la grenouille arboricole Hyla andersonii


Grenouillement vôtre, 

Sandra  


SourceAmphibiaWeb.org. Article par John B. Jensen et Stephen C. Richter. Amphibian declines, Ed. Michael Lannoo, University of California Press, 2005.


Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

La "médecine du crapaud" en Amazonie

Petites pensées vers la côte nord du Pérou...

Vichama ou la plus ancienne représentation de crapaud au Pérou